Soeurs Apostoliques de Saint-Jean

Au coeur de la Famille Saint-Jean, une vie d'esprit monastique à finalité apostolique.



Une voie vers la sagesse

Samedi 16 Janvier 2010

Les trois sagesses

A la recherche de la sagesse

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui amis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité. » (1)


Tels sont les premiers mots avec lesquels le vénérable Jean Paul II débute sa lettre encyclique Fides et Ratio. Ces mots donnent sens à cet héritage que nous avons reçu de notre fondateur, le Père Marie-Dominique Philippe : une vie façonnée par les trois sagesses.

Poursuivons la lecture de Fides et Ratio. Jean Paul II nous encourage à avancer sur le chemin d’une « philosophie de portée authentiquement métaphysique, c’est-à-dire apte à transcender les données empiriques pour parvenir, dans sa recherche de la vérité, à quelque chose d’absolu, d’ultime et de fondateur » (2) . Telle est bien le sens d’une philosophie appelée réaliste à l’école d’Aristote, réaliste précisément parce qu’elle a le souci de découvrir en profondeur la réalité. Jean Paul II nous met en ainsi en garde contre une « philosophie qui ne serait pas elle-même un savoir authentique et vrai, c’est-à-dire qui se limiterait aux aspects particuliers et relatifs du réel – qu’ils soient fonctionnels, formels, ou utilitaires -, mais ne traiterait pas aussi de sa vérité totale et définitive, autrement dit de l’être même de l’objet de la connaissance » (3) .

C’est dans cette lumière que nous voulons expliciter quelques aspects de cette recherche de la sagesse, en écoutant avant tout le Père Marie Dominique Philippe.

La nécessité de la philosophie pour la théologie

« La théologie est une sagesse qui implique la foi et qui implique la coopération de notre intelligence à a foi. […] Parce que dans la théologie, l’acte de foi repose toujours sur une révélation, qui se fait par la Parole de Dieu. […] C’est une connaissance qui implique un acte de foi et une connaissance intellectuelle. Il y a donc dans toute connaissance de foi une présence de l’intelligence et une présence de la foi. Dans toute Parole de Dieu il y a un élément que mon intelligence peut saisir et une signification profonde que seule ma connaissance de foi extirpe. Dans tout acte de théologie il y a les deux. La Parole de Dieu est reçue dans mon intelligence surélevée par la foi. La foi ne détruit pas mon intelligence. La grâce dépasse la nature, mais la grâce ne tue pas la nature. Pour croire il faut que mon intelligence soit saisie par la vérité divine au-delà de ce qu’elle croit habituellement. ‘Dieu est amour’, ‘je suis’ : qu’est-ce qui peut être surélevé par la lumière de foi ? Dieu ne nous a pas donné un nouveau langage de foi. Dieu n’a pas modifié le langage humain. Il l’a transformé dans son jugement d’existence. . […] » (4)

C’est bien la philosophie comme sagesse qui permet d’avoir un jugement d’existence sur la réalité donnée dans la Parole de Dieu, c’est-à-dire de comprendre les paroles qui sont dites, mais, puisque c’est Dieu qui parle, cette philosophie doit s’effacer –en quelque sorte – ensuite pour laisser passer devant l’acte de foi. La foi vient alors assumer la connaissance sapientiale donnée par la philosophie, pour nous faire entrer dans la signification de ce que Dieu dit.

La découverte de l’existence de Dieu, au terme de la philosophie

« Le saint Concile confesse que "Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses" (cf. Ro 1, 20) » (5) L’affirmation de l’existence de Dieu n’est donc pas un objet de foi, mais bien le propre d’une intelligence qui est allée jusqu’au bout de la vérité. Aristote soulignera combien notre intelligence ne trouvera le repos que si elle est allée jusqu’au bout des exigences de la vérité. «Pour Aristote, notre intelligence qui cherche la vérité est toujours orientée vers cette fin. Nous pouvons donc préciser qu’elle n’est pleinement elle-même que lorsqu’elle découvre la nécessité de poser l’existence de l’Etre premier, d’affirmer : "Il est". Avant cette découverte, notre intelligence demeure en devenir, imparfaite : elle chemine et n’a pas de repos. Tant qu’elle n’a pas découvert l’existence de Dieu et qu’elle ne le contemple pas, notre intelligence n’a pas découvert sa source. » (6) Soulignons que l’intelligence a besoin de l’amour pour entreprendre cette ‘ascension’ vers la sagesse. « Cet Etre premier n’est pas une réalité que nous constatons. S’il existe, il est l’Etre nécessaire mais il échappe à notre constatation. Nous pouvons donc le saisir non pas par la raison (qui reste dans la relation), mais par l’amour. » (7) « Voilà ce que nous devons essayer de voir, en revenant au jugement d’existence et à l’expérience de l’amour. C’est la rencontre de ces deux aspects qui est le propre d’une connaissance sapientiale. Nous ne pouvons découvrir l’existence de Dieu que par la sagesse, c’est-à-dire par la rencontre de l’intelligence et l’amour. » (8)

u[La sagesse mystique]u

« Les 3 sagesses sont distinctes mais elles s’unissent inséparablement.
Nous voyons l’apport de la sagesse philosophique, pour que la sagesse théologique existe. La sagesse mystique se tient elle-même, elle est infuse. La sagesse infuse n’est pas la théologie mystique. La théologie mystique demeure une théologie que nous faisons nous-mêmes. La vie mystique est une vie qui dépend de l’Esprit Saint et c’est l’Esprit qui nous la donne. Par les dons du Saint Esprit il y a cette vie mystique, cette vie d’intériorité et de souplesse à l’égard de l’Esprit Saint qui reste cachée. Elle est indépendante de la philosophie et de la théologie car elle vient de Dieu. Elle ne peut se communiquer que par la théologie mystique. Nous sommes liés personnellement au Christ par les dons du Saint Esprit, spécialement par le don de sagesse. Nous ne pouvons communiquer aux autres cette vie intérieure que par une théologie mystique. Pour que cette communication se fasse, il est nécessaire d’avoir une théologie mystique. Notre vie intérieure ne se communique pas. Pour se communiquer elle a besoin du sermo sapientiae . (9) » (10)

Concluons ce parcours avec le vénérable Jean Paul II :

« Ma dernière pensée va à Celle que la prière de l’Eglise invoque comme Trône de la sagesse. […]
Puisse le Trône de la Sagesse être le refuge sûr de ceux qui font de leur vie une recherche de la sagesse ! » (11)


1 - Fides et Ratio, introduction
2 - ibid. n°83
3 - Ibid. n°82
4 - Extrait d’une conférence donnée à Saint Jodard par le Père Marie-Dominique Philippe le 9 mai 2001
5 - Dei Verbum n°6
6 - Retour à la source, tome II, Père Marie-Dominique Philippe, p.20
Nous vous invitons à lire cet ouvrage qui, comme son nom l’indique, nous permet de ‘retourner à la source’, de retrouver nos racines, Celui qui est le Créateur de notre âme.
7 - Ibid. p.40
8 - Ibid. p. 135
9 - « Et à la suite de saint Thomas toute la tradition chrétienne considère que le sermo sapientiae est le charisme « numéro un » ; le sermo sapientiae, c’est la communication de la sagesse. » Extrait d’une Conférence prononcée par le père Marie-Dominique Philippe à l’occasion de l’assemblée générale de l’ULSH du12 décembre1986.
10 - Extrait d’une conférence donnée à Saint Jodard par le Père Marie-Dominique Philippe le 9 mai 2001
11 - Fides et Ratio n°108.

Rédigé par le Samedi 16 Janvier 2010 à 08:51

Les maisons dans le monde

Dimanche 21 Juin 2009

Les maisons


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Rédigé par le Dimanche 21 Juin 2009 à 21:48

France : région Centre et Sud

"Dans le Coeur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour..." (Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus)


Prieuré Marie Reine Puy-en-Velay (43)
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Prieuré Marie Reine Puy-en-Velay (43)
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Rédigé par le Dimanche 21 Juin 2009 à 18:52
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