PHILIPPINES

Cebu City

St Therese of the Child Jesus Priory
Banawa Hills – P.O. box 1160
Cebu City 6000
PHILIPPINES
Tel : 00 63 32 255 09 72
apsisterscebu@stjean.com





Le prieuré Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Le prieuré Sainte-Thérèse a été fondé en 1997. Sa physionomie a bien changé depuis. De 4 soeurs arrivées en pionnières, il est passé à 11 soeurs. En effet, le 1er mai 2006 a marqué une étape importante avec l'ouverture du noviciat. C'est ainsi que le 3 mai 2008, en présence du cardinal Vidal, archevêque de Cebu, les deux premières novices "made in Philippines" ont prononcé leurs premiers voeux avant de senvoler pour la France quelques semaines plus tard afin de poursuivre leur formation.
 
En arrivant aux Philippines, nous sommes tout de suite frappées par la chaleur de l'accueil et la bienveillance à l'égard de tout ce qui est religieux. Il faut dire qu'il s'agit d'un pays catholique d'Asie, avec plus de 80% de catholiques. On "naît chrétien". Quel contraste avec nos pays occidentaux laïcisés! Le revers de la médaille est qu'on sent un grand besoin de formation chrétienne. La foi est certes vive, mais la pratique religieuse semble parfois peu éclairée par une connaissance de ce qu'est la vie chrétienne. C'est précisément pour cela - dispenser cette formation chrétienne - que le cardinal nous a demandé de venir.
 
C'est premièrement auprès des enfants et des jeunes que nous le faisons : dans les écoles, universités, dans les quartiers voisins, etc. La tâche est vaste : catéchse, préparation aux sacrements, introduction à la prière, etc. De plus en plus, nous constatons l'influence du protestantisme. Rien qu'à Cebu, on dénombre plus de cent Eglises protestantes, souvent très prosélytes. Ces Eglises ont souvent beaucoup de moyens (venant des Etats-Unis) et n'hésitent pas à tirer parti des situations de pauvreté et à attirer à elles en proposant nourriture, bourses pour l'école, etc. Le combat est inégal, nous comptons sur le Christ qui fait la lumière. Nous avons apprécié particulièrement le retour au pays de nos premières soeurs philippines, venues évangéliser les leurs. Elles ont pour elles la connaissance du dialecte, de la culture et donc une plus grande facilité à transmettre l'Evangile et à créer des contacts avec les personnes. Elles aident également les soeurs non philippines à mieux s'ajuster. L'apprentissage du dialecte est quasi nécessaire. Même si les jeunes apprennent l'anglais, ce n'est pas leur langue natale et les plus pauvres, ceux qui n'ont pas eu la chance d'aller à l'école, ne comprennent pas l'anglais.
 
Les Philippines sont un pays de contrastes. Les plus riches côtoient les plus pauvres, mais un mur, au propre et au figuré, les sépare malheureusement bien souvent. Nous sommes touchées par la misère et la pauvreté qui sont le lot quotidien de bien des Philippins. Le Christ nous attire vers ces pauvres et nous avons à coeur de témoigner de l'Evangile, ce que nous essayons de faire au quotidien de multiples manières. 

D'abord, nous sommes envoyées à nos voisins qui savent qu'ils peuvent sonner à la porte lorsqu'ils ont des difficultés matérielles ou morales. Nous avons le désir de leur venir en aide. Pour cela nous avons un petit dispensaire, ou plutôt une bonne réserve de médicaments de base que nous recevons avec joie de médecins ou pharmaciens français désireux de nous aider. Nous pouvons ainsi soigner les petits bobos des enfants, qui viennent aussi parfois nous montrer des bobos imaginaires et recevoir ainsi un peu d'affection. Une soeur s'est improvisée infirmière et peut ainsi soigner les gros bobos. 

 La pauvreté matérielle engendre malheureusement d'autres pauvretés beaucoup plus néfastes ( alcool, drogue, violences). Les activités que nous proposons à nos jeunes voisins (chorale, catéchisme, partage d’Evangile, camps, etc.) les sortent de ce désœuvrement souvent fatal et les aident, nous l’espérons, à se construire peu à peu. 
Toujours dans cette optique de servir les plus pauvres, trois sœurs se rendent chaque semaine dans des centres gouvernementaux pour jeunes filles ou femmes abusées afin de donner une catéchèse, de prier avec elles, etc. Cet apostolat est notre maigre contribution au combat contre la grande misère de la prostitution, véritable fléau. En effet, un certain nombre de jeunes filles ou jeunes femmes sont « récupérées » par la police dans les bars où des hommes peu scrupuleux les forcent à travailler et placées ensuite dans ces centres. Certaines communautés religieuses sont très impliquées pour combattre ce fléau, notamment les sœurs du Bon Pasteur. Nous avons à cœur de porter cette misère dans notre prière. 
 Comment ne pas terminer en parlant du Santo Niño, l’Enfant-Jésus de Prague amené à Cebu par Magellan, célébré avec une ferveur et une joie sans égal par les habitants de Cebu ? Nul doute que l’Enfant-Jésus a une tendresse particulière pour ce peuple philippin. 
 
Nous rendons grâce de vivre cette mission en communion avec nos frères et nos sœurs contemplatives. Avec nos frères et sœurs, oblats et amis, nous ne formons qu’une seule famille et nous travaillons en communion sur la même vigne.